Si les choses suivent leur cours, la campagne des Européennes 2009 restera, à n’en pas douter, totalement unique dans les annales de la démocratie française.
- Unique, d’abord, par l’aplomb méprisant du parti au pouvoir, qui concentre jusqu’à l’absurde toutes les manettes de la machine médiatique, faisant régner la peur dans les coursives des rédactions, et qui, par la menace, les faveurs et la cooptation intellectuelle, s’emploie à marginaliser tout discours vrai sur son bilan (maigre) et sa stratégie au service des peuples (inexistante). Libertas, qui incarne un recours vrai, est inaudible, marginalisé, stigmatisé. Sur ordre. Le sarkozysme a une face sombre, incarnée par cette multitude de porte-voix et porte-coton subventionnés, omniprésents du matin au soir sur tous les canaux, sur toutes les ondes, et qui réduisent les médias dans lesquels ils officient au rang de vulgaires mégaphones siglés UMP. Ce rôle assumé de chiens de garde du discours officiel, est-ce digne d’une démocratie mature ? Le peuple doit-il le supporter sans réagir ?
- Unique, ensuite, par la nocivité des non-programmes que distillent –entre deux cocktails élitistes - les people dilettantes censés incarner l’offre européenne des formations « traditionnelles » (celle des rentiers et cumulards du système). Tous, sans exception, nous vendent, vous vendent le logiciel de la « mondialisation heureuse », plus ou moins camouflé sous les oripeaux d’un volontarisme opportuniste auquel aucun, sans exception, ne croit. Tandis que le Titanic du fédéralisme, fracassé contre l’iceberg du libre-échange dogmatique, achève de couler, l’orchestre des « intelligents » continue de jouer la valse lancinante des vieilles habitudes et des lâches compromis ;
- Unique, enfin, par le mépris que ces « intelligents » autoproclamés réservent au peuple, ce ramassis d’attardés forcément aveugles, qui ne saisissent pas les impératifs d’une politique bruxelloise « globale » à laquelle, au nom du Progrès, il ne faudrait surtout rien changer. Ils nous méprisaient au moment du référendum sur la Constitution en 2005 ; ils nous méprisent encore aujourd’hui. Les peuples qui réfléchissent sont dangereux. Ceux qui tiennent un discours vrai favorisant cette prise de conscience objective doivent être baillonnés. Libertas doit se taire. Grâce à l’étouffoir médiatique, à l’aide de consignes strictes, la stratégie est en passe de réussir.
Les électeurs, même ceux éloignés de nos idées, mais qui tiennent à un débat pluraliste, peuvent-ils accepter ce déni de démocratie ? Peuvent-ils accepter que leur intelligence, que leur aptitude à décrypter un argumentaire alternatif soit ainsi niées ? Les sondages prévoient une abstention record : le résultat logique du non-débat qui règne. Alors que la nouvelle culture politique, celle du spectacle et de la superficialité promue par l’Über-Parti pour un Marché Prépondérant (UMP), menace d’emporter dans sa médiocrité les derniers lambeaux d’information démocratique, comment faire pour que les citoyens reprennent l’initiative ?
Il faut un sursaut. Une prise de conscience nationale. Une insurrection de la pensée pour redonner à la politique sa noblesse : celle du débat contradictoire, argument contre argument. Cela passe par un temps de parole plus équitable, un accès de tous les projets aux grands quotidiens nationaux, aux journaux du soir des grandes chaînes. Chacun peut constater ce qu’il en est : à ce point, l’inéquité médiatique confine à la caricature pathétique. En poignardant ce pluralisme, l’Etat-média actuel insulte en permanence à la dignité du peuple, considéré comme un gibier captif que l’on mène à l’isoloir à la baguette.
Pour secouer ce joug médiatique, pour revivifier la démocratie et le débat, AIDEZ-NOUS, protestez, battez-vous, de quelque bord que vous soyez. Nous pouvons être d’accord. Nous pouvons ne pas l’être. Mais en nous empêchant de parler, on vous empêche de penser.




