02 septembre 2008

Suspendre les négociations avec la Russie, une "décision américaine" selon Ph de Villiers

PARIS (AFP) — Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), a dénoncé mardi la décision européenne de suspendre les négociations sur un partenariat stratégique avec la Russie, la qualifiant de "décision américaine".

"La décision de suspendre les négociations entre l'Union européenne et la Russie n'est pas une décision européenne, mais une décision américaine", a estimé M. de Villiers, dans une déclaration à l'AFP.

"Les dirigeants européens font en Europe de plus en plus souvent la politique des Etats-Unis", a estimé le député européen. Ainsi, "l'Union européenne reproche aux Russes d'avoir reconnu l'Ossétie du sud et l'Abkhazie, c'est-à-dire très exactement ce que les Américains, suivis par les Européens, ont fait pour le Kosovo".

Pour le président du conseil général de Vendée, "il est irresponsable de mutiler le lien qui relie la France à la Russie".

"La Russie n'a plus rien à voir avec l'Union soviétique, et elle sera demain, plus encore qu'aujourd'hui, un acteur international majeur sur les questions où nous sommes impliqués, comme l'Afghanistan, l'Iran ou l'insuffisance énergétique", a-t-il jugé.

Il a appelé "les dirigeants européens à reprendre leurs esprits" et demandé au "président Nicolas Sarkozy de revenir à la vocation de la France, puissance d'équilibre".

15 août 2008

L'hommage manqué à Soljenitsyne

 

 

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Josée Pochat, le 14-08-2008 - Valeurs Actuelles
Aucun membre du gouvernement français n’était aux obsèques de l’écrivain. Philippe de Villiers avait fait le déplacement.
Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), et Dominique Souchet, député MPF de Vendée,sont les deux seuls élus français à avoir assisté à l’enterrement d’Alexandre Soljenitsyne, le 6 août à Moscou.« J’ai été choqué de constater qu’aucun membre du gouvernement n’avait pris la peine de se déplacer pour rendre hommage à ce géant qui a consacré sa vie à nous débarrasser intellectuellement du communisme », nous a confié Philippe de Villiers,à son retour.

«Tous les ambassadeurs des pays européens étaient présents. Notre ambassade s’est contentée de dépêcher un chargé d’affaires.Pendant la cérémonie, j’ai vu des écrivains russes, des intellectuels, des rescapés du goulag, qui avaient encore dans le regard les traces de l’enfer traversé. Certains sont venus m’embrasser et m’ont demandé où était la France. »

C’est à Philippe de Villiers que les Russes ont proposé, après la cérémonie, de parler au nom de la France, à l’Académie des sciences de Russie, où la dépouille de l’écrivain avait été exposée, la veille de son inhumation. « J’étais très ému, raconte Villiers. J’ai déclaré que j’espérais que l’on ferait lire Soljenitsyne aux écoliers français et que des rues, des établissements scolaires porteraient son nom, comme le collège d’Azenay, dans mon département de Vendée ».

Philippe de Villiers connaissait personnellement Alexandre Soljenitsyne, pour avoir accueilli l’écrivain en Vendée pendant six jours, en septembre 1993. Soljenitsyne avait tenu à assister à l’inauguration du Mémorial aux victimes vendéennes de la Terreur révolutionnaire des Lucs-sur-Boulogne, en février 1794.

C’est là que le héros de la résistance au goulag, devant 30 000 personnes, avait rendu un hommage poignant à la Vendée,avant de retourner dans son pays, après vingt ans d’exil, en prononçant ces mots : « Il y a deux tiers de siècle, l’enfant que j’étais lisait déjà avec admiration dans les livres les récits évoquant le soulèvement de la Vendée, si courageux, si désespéré.Mais jamais je n’aurais pu imaginer, fût-ce en rêve, que, sur mes vieux jours, j’aurais l’honneur d’inaugurer le monument en l’honneur des héros victimes de ce soulèvement. […] En inaugurant aujourd’hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble. Je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe aux déferlements de la horde communiste. ».

Plus tard dans la soirée, Philippe de Villiers avait confié à Soljenitsyne regretter qu’aucun membre du gouvernement Balladur n’ait été présent. « Soljenitsyne m’a répondu alors que déjà, dans les années 1970, la France lui avait refusé l’asile qu’il avait sollicité ».Giscard lui avait fait transmettre le message par Michel Poniatowski, alors ministre de l’Intérieur.Il redoutait de détériorer ses relations avec l’URSS.

C’est dans la maison de Philippe de Villiers que Soljenitsyne, accompagné de son épouse, avait résidé lors de ce séjour. Quelques jours auparavant, Bernard Pivot, qui recevait l’écrivain, s’était étonné de ce déplacement programmé en Vendée. « C’est le souhait de mon coeur », lui avait répondu Soljenitsyne.

« J’ai appris qu’il avait alors demandé à être dans un hôtel, à Paris, avec une terrasse, pour pouvoir répéter le discours qu’il s’apprêtait à faire au Mémorial, se souvient Villiers. Il m’a aussi confié qu’il avait choisi pour la cérémonie le costume qu’il portait le jour où il avait reçu le prix Nobel de littérature, en 1974 ».

Villiers dit toute son amertume. « L’année dernière à la même époque, Sarkozy était revenu de ses vacances aux États-Unis pour assister aux obsèques du cardinal Lustiger.On retiendra que le 6 août 2008, le gouvernement français était absent à l’enterrement de Soljenitsyne.Alors que deux jours plus tard, 50 personnalités françaises entouraient le chef de l’État français, en Chine, pour l’ouverture des jeux Olympiques. Je suis triste pour mon pays ».

15 juillet 2008

Réforme institutions: les 5 parlementaires MPF voteront contre, annonce Villiers

PARIS (AFP) — Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), a annoncé mardi à l'AFP que les cinq parlementaires MPF voteraient contre la réforme des institutions lors du Congrès de Versailles.

"Les trois sénateurs et les deux députés voteront contre la réforme au Congrès, car ils n'acceptent pas que le gouvernement ait fait sauter le verrou référendaire sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne", a déclaré M. de Villiers.

L'exécutif n'est pas sûr de pouvoir compter sur la majorité requise des 3/5es lors du Congrès de Versailles, prévu le 21 juillet.

Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer (UMP) juge ainsi mardi dans une interview à La Croix que l'issue du débat sur la réforme des institutions reste "encore incertaine", admettant qu'un vote négatif "ne serait pas bon pour l'exécutif".

"Le précédent président de la République s'était engagé à un référendum obligatoire pour toute adhésion nouvelle (à l'UE), en particulier pour la Turquie, et Sarkozy, contrairement à sa promesse électorale, n'a pas suspendu les négociations de Bruxelles avec la Turquie, et il fait sauter le référendum obligatoire dans la réforme", a expliqué M. de Villiers.

M. de Villiers a précisé que les sénateurs qui voteront contre la réforme sont Bernard Seillier, Philippe Darniche et Bruno Retailleau. Quant aux députés, il s'agit de Dominique Souchet et Véronique Besse, a ajouté le président du MPF.

La réforme des institutions entre cette semaine dans sa dernière ligne droite avec un vote conforme attendu du Sénat mercredi, avant le Congrès du 21.

Le gouvernement mise sur la discipline de la droite et le ralliement des Radicaux de gauche. Dans une dernière tentative pour emporter l'adhésion d'une partie d'entre eux, Nicolas Sarkozy pourrait annoncer cette semaine un décompte partiel du temps de parole du chef de l'Etat dans l'audiovisuel.